Quel recul prendre face à la correction des marchés? L'avis de Eurinvest

Les marchés boursiers ont perdu plus de 10% depuis le début de l’année. La baisse du baril à moins de USD 30 et le ralentissement de la croissance chinoise sont les déclencheurs de cette correction. Les investisseurs craignent un ralentissement mondial et de la déflation importée de Chine. Comme la dette souveraine des pays occidentaux et celle des sociétés américaines n’ont pas diminué depuis la crise de 2007, le ralentissement de la croissance pose la question de la soutenabilité de cette dette. En décembre, il était déjà apparu que les interventions de la BCE et de la FED ne suffisaient plus à redonner confiance aux investisseurs. En janvier, ces mêmes investisseurs ont jeté le gant.

Ceci dit, les taux d’intérêt souverains restent très bas. Les banques centrales chinoises et japonaises, qui n’ont décidé aucune mesure d’assouplissement monétaire pendant toute l’année 2015, restent muettes.  Nous pensons qu’elles vont sortir de ce silence. En effet, Shinzo Abe est toujours attaché à sa promesse de sortir son pays de la déflation par une triple action monétaire, budgétaire et structurelle. Or, en 2015, le yen s’est apprécié par rapport à l’euro, ce qui correspond dans la réalité à un resserrement de politique monétaire. De même, en Chine, les autorités ont déclaré qu’elles ne toléreraient pas que le ralentissement entame le bien-être et le pouvoir d’achat de ses citoyens. Et depuis 10 mois, l’indice manufacturier se contracte et la consommation des ménages n’assure pas la relève de la croissance. Nous sommes dans une situation comparable à fin2014. A cette époque, les marchés broyaient du noir et anticipaient de la déflation comme aujourd’hui. En début 2015 Mario Draghi a annoncé son programme d’assouplissement monétaire et les marchés ont bondi de 20%. Aujourd’hui nous pensons que la balle est dans le camp des banques centrales asiatiques et que ces dernières vont agir pour ne pas renier leurs engagements précédents.

 

Les investisseurs sont donc acculés à être patients, comme il y a exactement un an, en attendant que les banquiers centraux interviennent à nouveau. La différence par rapport à l’année passée est que certains signes de reprise sont apparus depuis lors. Aux USA, où la FED a relevé (marginalement) ses taux, la consommation des ménages est très résiliente. En Europe, le crédit ne se contracte plus. Les chiffres du chômage se sont aussi améliorés. Ceci, joint à la baisse du pétrole, signifie que la base de consommateurs est plus large et dispose d’un pouvoir de consommation supérieur. Enfin, les prévisions bénéficiaires des entreprises ne sont plus révisées à la baisse. En Europe, alors que les prévisions de croissance bénéficiaire des années précédentes étaient chaque fois déçues en cours d’année, on pourrait enfin réaliser en 2016 la prévision attendue de +6% en Europe et +8% dans l’Eurozone. Nous pensons que les returns attendus en actions en 2016 seront du même ordre de grandeur, ni plus, ni moins. Les investisseurs doivent supporter beaucoup de volatilité pour atteindre ces chiffres mais les alternatives ne sont pas nombreuses, les taux d’intérêt étant trop bas. Seules les obligations High Yield, qui ont fort souffert depuis le début de l’année en raison de leur illiquidité, peuvent constituer une alternative intéressante aux actions. En conclusion, nous pensons qu’il convient de rester investi aux niveaux actuels.